LES TEMOIGNAGES POUR MARC CECILLON

Un physique d’acteur de péplum, moitié lutteur de foire, moitié gladiateur. Un visage émacié, mâchoire carrée, rictus et regard ténébreux, tout droit sorti d’un western. La démarche lente, mais assurée. Des mains comme des T-Bone. Tel est Marc Cécillon dans l’imaginaire d’Ovalie. Figure emblématique de CS Bourgoin-Jallieu et pas seulement du pack dont il était le leader incontesté. Mais surtout capitaine du XV de France en 1992, dans les pas d’illustres troisièmes lignes centres, Guy Basquet, Michel Celaya, Jean Barthe, Walter Spanghero, Benoît Dauga, Jean-Pierre Bastiat et Laurent Rodriguez, aux côtés duquel il débuta sous le maillot tricolore, quatre ans plus tôt, face à l’Irlande, au Parc des Princes. Marc, homme de paradoxe, taiseux mais franc, discret mais imposant, sensible et dur au mal. Toujours disponible pour les journalistes, ouvert, direct, posé. Marc leader par l’exemple, à la proue, dans la boue, se jetant quand d’autres hésitaient à s’engager. Ouvrant le sillage au ras. En bleu, en ciel et en grenat.

Richard Escot
Journaliste, écrivain.
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« J’ai croisé au début de ma carrière rugbystique les pas de Marc CECILLON à Bourgoin et c’est pour cette raison qu’ Olivier ma demandé de parler de Marc pour le site officiel.
En 1998 Je suis arrivé de l’US BRESSANE à BOURGOIN en espoir à 19 ans.
En cours de saison 1997 à 1998 ,je suis sélectionné en équipe  première grâce ou à cause d’une suspension de Marc . Nous serons finalistes en 1999 du Challenge Européen.

Marc me prend sous son aile, je joue à ses cotés  plus d’une saison en deuxième ligne.
Grace a sa position au sein  club et a son charisme mon intégration dans l’équipe première est facilitée par lui.
Je garde de lui une image de « protecteur » de grand joueur et surtout une phrase :
« TOUCHEZ PAS AU PETIT !! » et oui le petit c’était moi …

Nos chemins se séparent avec les débuts du professionnalisme et au  décalage de générations… Marc CECILLON restera le  joueur de toute une Région … »

LIONEL NALLET

XV de France
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C'est Michel Celaya, ancien capitaine et entraîneur de l'équipe de France, qui m'a, le premier, parlé en termes élogieux de Marc Cecillon. Pour lui, cela ne faisait pas de doute, Marc Cecillon, le jeune espoir de Bourgoin, deviendrait un grand avant. Deuxième ligne, troisième ligne ou numéro huit. C'est ainsi qu'il figurait souvent en équipe de France B, dont s'occupait Michel Celaya avec Fernand Cazenave. Il avait été formé à la dure aux côtés d'un rude deuxième ligne, José Collier. Et ce n'était pas évident de faire le métier à ce poste quand on n'avait que 18 ans. Un âge, aussi, où il fallait concicier le rugby avec la vie professionnelle. Marc avait été pris comme apprenti par Louis Marchand, dirigeant emblématique du club, et également maître pâtissier et chocolatier à Bourgoin. Louis Marchand, du reste, ne tarissait pas d'éloges sur son apprenti: "Il tape dans le dur", avait-il coutume de dire à son sujet. Autrement dit, il assurait au travail. Mais, très vite, Marc et son patron, par ailleurs secrétaire général du club, se rendirent compte qu'il était impossible de concilier les deux activités, puisque l'on jouait le samedi ou le dimanche, et que ce sont les deux jours les plus prenants pour un pâtissier.

Sa réputation de joueur, il la gagna sur tous les terrains de France, au point que nombre de clubs, au rang desquels, Toulon et Montferrand, lui firent des propositions. Plusieurs fois, Marc fut sur le point de partir. Mais au dernier moment, il se ravisait. C'est qu'il était devenu l'âme de cette équipe de Bourgoin, le fer de lance du pack, la force de persuasion et de dissuasion, lorsqu'il fallait affronter les plus grosses cylindrées du championnat, devenant trop souvent l'homme à battre et même à abattre.

Souvent réclamé par Christian Carrère, le capitaine de l'équipe de France qui réalisa le premier grand chelem de l'équipe de France en 1968, il fut appelé un peu tard en équipe de France. Ensuite, c'est Pierre Berbizier qui en fit un des hommes de base de son pack: capitaine lors de la tournée en Argentine en 1992, où la France remporta ses deux tests, et numéro huit à la Coupe du monde 1995, en Afrique du Sud. Michel Celaya ne s'était pas trompé, Marc Cecillon était de la trempe des grands avants. 

Francis DELTERAL
Journaliste, consultant rugby sur Canal +, et ancien joueur du CA Bègles